Les Jeux d'Hitler... les Jeux défigurés... la propagande nazie... la race aryenne... Jesse Owens... Leni Riefenstahl... la persécution... la naïveté... l'hypocrisie! Même ceux qui se fichent d'histoire olympique, n'hésitent guère lorsqu'il s'agit de situer les Jeux de l'année 1936. Berlin, la capitale du Reich, offrait alors au monde le spectacle flamboyant, dans une Europe en crise, d'un spectaculaire redressement économique et du renouveau de l'âme allemande.Ces Jeux, entre la guerre et la paix, préfiguraient extraordinairement ce qu'allait devenir le mouvement olympique: une lutte farouche entre Etats, par athlètes interposés, pour une reconnaissance universelle de leurs vertus politiques, sociales et sportives. Certes, l'affrontement est pacifique. Il est même pacifiste, baigné d'un discours d'où n'émergent que louanges aux âmes pures et panégyriques à la gloire du sport.
Mais cela ne trompe personne! La guerre a déjà commencé et l'Allemagne nazie vient de remporter sa première victoire. Ironie du sort: c'est à Berlin qu'on entend pour la première fois la célèbre maxime du baron Pierre de Coubertin sur les Jeux olympiques: "L'important n'est pas d'y gagner, mais d'y prendre part; car l'essentiel dans la vie n'est pas de conquérir, mais de bien lutter." Ces Jeux allaient démontrer exactement le contraire...
Auteur : Goetghebuer Gilles
Magazine : Sport et vie n° 11 Page : 72-79
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