Parmi tous les maux qui courent dans la société, c'est sans doute la tristesse qui fait le plus de ravages. Et nous ne parlons pas ici du sentiment que l'on peut avoir lorsqu'on casse un vase ou qu'on lit "Les Cendres d'Angela". Non, on parle d'une tristesse gratuite, inexplicable, absurde. Et c'est précisément ce qui la rend si terrifiante. Parfois cette tristesse prend un tour catastrophique. La déprime tourne alors à la dépression dont on sait qu'elle atteint un à deux pour cent de la population. Heureusement, dans la plupart des cas, la tristesse demeure plus superficielle et se manifeste par bouffées moroses que Churchill appelait "ses chiens noirs". Evidemment, nous sommes tous susceptibles de tomber sous son gouvernement. Pour éviter cela, on utilise différents subterfuges, ce qui explique notamment la place prépondérante des drogues dans notre société, notamment l'alcool. "Au point que, par boutade, on peut se demander si l'alcoolique n'est pas un déprimé qui se soigne, ou si le déprimé n'est pas quelqu'un qui ignore l'alcool", écrit le Professeur Costentin dans un ouvrage sur les maladies mentales(*). Mais on peut aussi recourir à d'autres moyens: les médicaments, les drogues, le sexe, les jeux de l'argent, les sports à risques, bref toutes sortes d'habitudes qui s'inscrivent progressivement en assuétudes chez les personnes à risques. Ce chapitre explore l'influence du sport dans cette spirale de la pensée triste.
Auteur : Goetghebuer Gilles
Magazine : Sport et vie n° 12 HS Page : 53-57
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