Sport et vie n° 54 du 02/05/1999
Numéro Normal  
La médecine de la prévision
Dossier : La médecine de la prévision Boissons de l'effort : Sans danger pour les dents ? Société : L'athlète, modèle économique Histoire : Lord Byron, l'obsédé de la silhouette
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Un peintre mi-lourds Gilles Goetghebuer Pages 4-7

Les artistes contemporains sont peu nombreux à dire leur amour du sport. Eduardo Arroyo déroge à la règle. Il adore la boxe. Surtout celle des poids moyens qui, à ses yeux, réunit l'art et la violence. Il la peint et la raconte aussi très bien.
Al Brown, Cocteau, boxeurs, poète
 
C'est mon histoire Docteur Marc Saramito Pages 20-21

Dans cette rubrique, chacun est invité à raconter une expérience sportive inhabituelle. Dans ce numéro, le docteur Marc Saramito évoque son expédition auprès des rois du pétrole, dans l'encadrement médical du Club Nasser, l'équipe de foot championne d'Arabie Saoudite.
football, Jean Fernandez, Asie
 
Des putains respectueuses Gilles Goetghebuer Pages 22-29

Dans les grandes bagarres pour décrocher les télés et les sponsors, chaque discipline sportive se fait la plus belle et la aguichante possible. Cette forme de prostitution médiatique concerne également les athlètes. Désormais, le public veut de la sueur... et du sexe!
femmes, people, homosexualité, Antiquité, prostituée, érotisme
 
Kervadec, l'anti-héros Jacques terrien Pages 30-31

Guéric Kervadec est à l'opposé de ces stars de l'esbroufe qui s'épanouissent dans le feu des médias. Paradoxalement, il est parvenu à s'imposer dans un sport, le handball, qui doit une part de sa popularité en France au souvenir des exploits d'une bande d'hurluberlus surnommées les "Barjots". Comment vit-il cette filiation?

 
Sauve qui peut les dents Denis Riché Pages 32-34

Les boissons hyperglucidiques conviennent sans doute très bien à l'effort. En revanche, on craint beaucoup leurs effets sucrés sur les dents! Les sportifs sont-ils condamnés à choisir entre carrière et caries?
sucre, calories, boisson énergétique, plaque dentaire
 
Les jardins de lumière Gilles Goetghebuer Pages 35-37
Optojump
Un appareil de mesure appelé OptoJump est en train de révolutionner le domaine de l'entraînement. Imaginez une piste qui garderait l'empreinte de la course avec la durée exacte de l'appui du pied sur le sol, la longueur de chaque foulée, la vitesse, l'accélération, etc.
pliométrie, Juventus
 
Les grandes prises de l'histoire Luc Beurnaux Pages 38-43

Toute l'évolution du tennis s'inscrit dans la façon de prendre sa raquette. Quelques degrés de rotation du manche suffisent à transformer complètement le style de jeu et parfois à se forger un palmarès.
jeu de paume, coup, lift, raquette, passing-shot
 
Le tennis lutte contre l'ennui Hans VandeWeghe Pages 44-46

Mark Miles dirige l'Association des Tennismen Professionnels (ATP), l'organisation la plus puissante aux commandes du sport (*). Après des années de vaches grasses, il réalise que son sport est en crise. Le public se désintéresse et même les joueurs montrent des signes de lassitude. Comment faire renaître la passion?
télévision
 
Le dialogue de la jambe de bois docteur Pierre Rigaux Pages 48-49
Electrostimulation
L'électrostimulation s'inscrit de plus en plus franchement dans les habitudes des sportifs. Dans cette rubrique, le docteur Rigaux lui apporte un surcroît de rigueur scientifique. Il nous explique ici comment on doit tenir compte des courbatures dans l'élaboration des séances.
muscle, acide lactique, courbature
 
Les devins de la médecine Fabrice Moth Pages 50-53
Analyses biologiques
Depuis plus de vingt ans, une dizaine de laboratoires français pratiquent des analyses biologiques dans la plus grande discrétion. Il s'agit de prédire des maladies qui se déclareront dans 5 ou 10 ans. Parmi les clients privilégiés de ces bilans -non remboursés par la Sécurité Sociale!-, on trouve beaucoup de sportifs... et même des chevaux de course.
CEIA, cancer, bioélectronique, cristallisation, homéopathie, accupuncture
 
Secrets professionnels Fabrice Moth Pages 54-55

Le docteur Yann Rougier, ancien interne des hôpitaux de Paris, est l'un des médecins les plus convoités par les sportifs. Outre des célébrités comme Cindy Crawford ou Claudia Schiffer, qui représentent près de la moitié de sa clientèle, il a aussi conseillé les plus grands sportifs: Eric Cantona, Jean-Pierre Papin, les joueurs des Chicago Bulls, Ayrton Senna, Thomas Muster, l'équipe américaine de descente de ski, et plus récemment l'équipe d'Angleterre du Mondial. Il est aujourd'hui le consultant officiel de l'AS Monaco et de l'équipe d'Arsenal en Angleterre. Depuis une dizaine d'années, il a eu recours aux bilans pratiqués par Marie-Christine V. pour près de 300 sportifs de haut niveau.
alimentation, CEIA, chronologie, bioélectronique, cristallisation
 
La grande illusion Fabrice Moth Pages 56-57

Le docteur Jean-Jacques Aulas, neuropsychiatre et psycho-pharmacologue, est l'auteur de l'ouvrage "Les médecines douces, des illusions qui guérissent" paru chez Odile Jacob en mai 1993 auquel nous faisons souvent référence. Il connaît très bien l'histoire de ces laboratoires de biologie parallèle et dénonce inlassablement leur discours charlatanesque.
CEIA, cristallisation, bioélectronique
 
Le syndrome de la Tour de Pise Docteur Christian Daulouède Pages 58-59
Camptocormie
La camptocormie s'inscrit parmi les affections étranges qui défraient l'actualité orthopédique. Elle désigne une lente chute du tronc vers l'avant. A la fin de la vie, on penche et on finit par tomber!
mash, déséquilibre, ostéoporose, os
 
Lord Byron, l'homme qui voulait être beau Véronique Pierron Pages 60-63

Le poète Lord Byron était obnubilé par son image au point de traumatiser son organisme par des régimes draconiens associés à de violents exercices physiques.
poésie, diététique, végétarisme, régime60
 
Et maintenant la Docteur Jean-Pierre de Mondenard Pages 68-69

Depuis quelques années, la créatine passe pour le nec plus ultra des ergogènes. Mais comme rien n'est jamais définitivement acquis dans un marché soumis à une concurrence féroce, on observe depuis cinq ans une nette évolution dans la préparation du produit. Tout a commencé avec le "Phosphagen" commercialisé en 1993 par la société américaine EAS. Il s'agissait du tout premier supplément de monohydrate de créatine. Afin d'améliorer l'absorption cellulaire, il était conseillé de le panacher avec du jus de raisin ou n'importe quel autre aliment à index glycémique élevé. L'association créatine-sucre rapide stimule en effet la sécrétion d'insuline qui, à son tour, favorise la pénétration musculaire du produit. Deux ans plus tard, la même société EAS proposait un "Phosphagen HP" une créatine de deuxième génération avec incorporation directe de dextrose. Ce sucre possède un index glycémique supérieur à celui du jus de raisin et déclenche donc une plus grande poussée d'insuline. A la même époque, un autre fabriquant "Muscle Tech" propose un produit similaire, la "Créatine 6 000 ES" à laquelle on ajoute aussi de la taurine. Enfin, en 1999, on assiste à la mise sur le marché de la troisième génération de créatine, baptisée "Celle-Tech", qui associe la créatine à du dextrose et à de l'acide lipoïque, une "étonnante substance" selon ses promoteurs, qui possède la vertu de potentialiser l'action de l'insuline et d'accroître ainsi la mise à disposition du glucose et de la créatine dans les muscles. La marque "Muscle Tech" qualifie son supplément de "Supercréatine". Grâce à elle, la publicité affirme qu'un culturiste peut gagner jusqu'à cinq kilos de masse musculaire en moins d'une semaine! Nous verrons si le produit tient ses lourdes promesses ou s'il s'agit seulement d'un effet d'annonce. Auquel cas -on peut toujours rêver- on assisterait à la disparition de toutes les hormones anabolisantes devenues soudainement inutiles. Le plus curieux dans cette affaire de supercréatine, c'est qu'à notre connaissance, aucun spécialiste de la physiologie de l'effort n'a encore réagi à l'évocation de cet acide lipoïque dans la préparation. Car contrairement à ce que l'argumentaire de vente laisse supposer, il ne s'agit pas d'une molécule nouvelle dans la recherche de performances, mais d'une vieille connaissance, au contraire, dont la réputation sulfureuse date d'il y a près d'une trentaine d'années en Allemagne de l'Est. A l'époque, on la désignait sous son nom d'acide thioctique. Mais, de fait, on lui connaissait déjà d'autres appellations: acide alphalipoïque (ALA), lipoate, acide dithio-octanoïque... ou acide lipoïque! Ainsi le 25 août 1976, un gymnase originaire d'Allemagne de l'Est, Wolfgang Thüne, vice-champion du monde à la barre fixe, réfugié depuis peu en Allemagne fédérale, révélait au quotidien ouest-allemand "Die Welt" la recette chimique du succès de ses compatriotes. L'article s'intitulait: "Le secret de la RDA: la pilule au lieu de la piqûre". Les meilleurs morceaux avaient été repris dans L'Équipe du 28 octobre 1976: "Depuis 1971, nous recevions régulièrement avant les grandes compétitions des tablettes que nous devions ingurgiter au moment d'entrer en lice. Nous appelions ces tablettes: la pilule. Nous n'avons jamais su quelle en était la composition. Les médecins nous expliquaient qu'il s'agissait de substances naturelles destinées à améliorer nos facultés de concentration et à nous permettre d'atteindre, en compétition, notre niveau de potentiel supposé sans dépasser nos propres limites. Effectivement, ces médicaments nous permettaient de nous concentrer plus aisément et plus complètement et nous donnaient l'impression, en plein effort, de pouvoir mobiliser nos dernières réserves en cas de besoin. Après la compétition, nous avions tendance à nous assoupir, mais nous récupérions très rapidement sans avoir la sensation d'être allés au-delà de nous-mêmes." Thüne continuait ainsi sa confession: "Un quart d'heure avant la compétition, nous prenions généralement deux pilules que nous laissions fondre lentement dans la bouche, sous l'action de la salive. Il était bien recommandé de ne pas les avaler: les sucs gastriques auraient, en effet, détruit tout effet. Toutes les vingt minutes, nous prenions une nouvelle pilule. Dans les compétitions de longue durée, nous pouvions aller jusqu'à 12 tablettes. Bien entendu, ces médicaments avaient été testés sur tous les sujets à l'entraînement. Ainsi, nous abordions la compétition avec la quasi-certitude que rien de fâcheux ne pouvait nous arriver. L'effet psychologique était incontestable. C'est, selon moi, la raison essentielle du petit nombre d'échecs enregistrés par la RDA, aux Jeux olympiques de 1972 et de 1976." Toujours dans le cadre de cette même enquête, le transfuge Alois Mader, ex-médecin du sport de RDA passé à l'ouest et intégré à l'Institut de médecine sportive de Cologne, dévoilait la composition de ces fameuses pilules. Il s'agit d'une association de cocarboxylase... et d'acide thioctique! Bien sûr, on peut s'étonner qu'un additif énergétique paré de tant de vertus ait disparu des habitudes sportives pendant un quart de siècle. E; fait, cet acide lipoïque, alias thioctique, est moins magique qu'il n'y paraît. Il s'agit d'une substance fabriquée en petites quantités dans notre organisme que l'on trouve à l'état naturel dans les muscles, le foie, la levure de bière et les plantes, où il joue d'ailleurs un rôle essentiel dans la photosynthèse. Il n'est pas commercialisé en France, mais bien en Allemagne, sous le nom de Thioctacid (R). En 1959, il existait déjà sous forme injectable et, depuis 1975, il est conditionné en pilules. Dans la "Rote Liste", le dictionnaire allemand des médicaments,qui équivaut à notre Vidal, on trouve une série d'indications précises: problèmes de foie (hépatite, cirrhose), troubles du métabolisme cérébral chez les personnes âgées, problèmes de circulation, acné, diabète, etc. Enfin, on parle aussi d'une "optimisation nutritionnelle des agents bioénergétiques (créatine, glutamine etc.)" chez les sportifs
ergogène, créatine, insuline, muscle
 
Les uns et les autres Denis Riché Pages 70-71

La grosse empoignade actuelle dans les milieux cyclistes consiste à déterminer si oui ou non il existe une différence dans le traitement réservé aux coureurs soumis aux contrôles longitudinaux selon cette fameuse veille biologique mise en place par le Ministère français de la Jeunesse et des Sports, et celui accordé aux coureurs qui répondent aux règles plus laxistes de l'UCI. Nous avons demandé son avis à Gérard Dine, le directeur de l'Unité de biologie du sport de Troyes chargé précisément de mener les analyses pour le compte du Ministère.
cyclisme, sang
 
Sage comme une amphétamine Docteur Patrick Laure Pages 72-74

Après un glorieux passé militaire et sportif, les amphétamines envahissent actuellement les cours d'écoles. On leur prête de calmer les enfants turbulents.
enfance, hyperkinétisme, hyperactivité, ADHD
 
La médecine de la prévision Médecine : Comment reconnaître un coeur d'athlète

 
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Sport et vie n° 54 est un magazine des Editions FATON.